Pierre Bachelet

Pierre Bachelet
Pierre Bachelet est un homme discret. Il a débuté le métier de chanteur un peu sur le tard, après s'être essayé à diverses activités et notamment à la composition de musiques de film. Rien d'étonnant donc à ce qu'il fasse sa route tranquillement mais sûrement sur les pavés de la chanson française.

Pierre Bachelet est né à Roubaix dans le Nord de la France le 25 mai 1944. Sa famille qui tenait une blanchisserie, s'est installée à Calais avant de venir sur la région parisienne. Si les études du jeune Pierre ne sont pas extrêmement brillantes, il s'inscrit tout de même un peu plus tard à l'école du cinéma de la rue Vaugirard à Paris.

Diplôme en poche, il part au Brésil tourner un documentaire "Bahio meù Amor". A Paris, il se tourne vers la publicité où il rencontre de futurs réalisateurs comme Patrice Leconte et Jean-Jacques Annaud qui le feront travailler par la suite. Il est recruté au milieu des années 60 comme illustrateur sonore d'une émission de télévision célèbre de l'époque, Dim Dam Dom (ce qui ne l'empêche pas de faire quelques reportages à l'occasion).

Au fur et à mesure, Pierre Bachelet se constitue un univers musical qui lui est propre et commence à écrire la musique de documentaires ou de films publicitaires réalisés par ses amis. Parmi eux, Just Jaeckin, futur réalisateur de films érotiques, fait appel aux talents de compositeur de Bachelet pour son premier long-métrage "Emmanuelle". Le succès du film entraîne la bande originale dans son sillon : 1.400.000 exemplaires de l'album et 4.000.000 exemplaires du simple. D'autres musiques de film suivront de "Coup de tête" de Jean-Jacques Annaud en 78 à "les Bronzés font du ski" de Patrice Leconte en 79.

Les Corons

En 74, il s'essaie vraiment à la chanson avec "l'Atlantique", titre qui lui vaudra son premier succès de chanteur. Mais c'est en 79 que deux producteurs français François Delaby et Pierre-Alain Simon lui proposent de faire un album qui sort l'année suivante "Elle est d'ailleurs". Le 45 tours du même nom se vend à quelques 1,5 million d'exemplaires. Cette chanson est co-écrite avec Jean-Pierre Lang avec qui Bachelet va travailler de nombreuses années.

C'est d'ailleurs avec lui qu'il va composer "les Corons", hymne au Nord de la France, région des terrils et des mines de charbon dont le chanteur est originaire. Succès immense, ce titre est devenu au fil des années un véritable classique du chanteur qui figure sur l'album sorti en 82. Cette année-là et pour la première fois, Bachelet monte sur scène en première partie de l'humoriste Patrick Sébastien, à l'Olympia à Paris puis part en tournée en France, en Belgique et en Suisse.

Après quelques mois passés en studio, Pierre Bachelet sort en 83 un nouvel album dont les deux extraits principaux sont "Quitte-moi" et "Embrasse-moi", titre dédié à sa mère disparue récemment. Il enchaîne assez logiquement un passage en 84 à l'Olympia en vedette cette fois-ci et une tournée en France.

Relativement timide, peu intéressé par la vie du show-biz, plutôt enclin à préférer les voyages, propriétaire d'un bateau, détenteur d'un brevet de pilote (d'avion), Pierre Bachelet continue sa vie auprès de sa femme Danièle et de son fils Quentin (né en 77) toujours étonné par les conséquences de sa notoriété acquise avec "les Corons". En 85, le chanteur sort un nouvel album sur lequel on trouve des titres comme "En l'an 2001", "Marionnettiste" ou "Quand l'enfant viendra". S'ensuit une tournée dans les pays européens francophones avec un passage quasi obligé par l'Olympia à Paris qui lui permet d'enregistrer un live.

Nostalgique de ses vingt ans

L'année suivante voit la sortie d'un autre album original dont les principaux extraits s'intitulent "Vingt ans", "Partis avant d'avoir tout dit" et "C'est pour elle". Son public lui est fidèle et Bachelet ne le déçoit pas puisque comme après chaque nouvel opus, il part en tournée avec un passage à l'Olympia. Homme tranquille, amoureux de la mer, il propose à la navigatrice Florence Arthaud d'enregistrer un duo intitulé très à propos "Flo" et qui figure sur le double album "Quelque part, c'est toujours ailleurs" sorti en 89.

Après un live "Bachelet la scène" en 91, un bilan de sa carrière de chanteur sort l'année suivante, sous la forme d'une compilation de ses 20 plus grands succès et s'intitule "10 ans de Bachelet pour toujours". Suit de près un nouvel album original "Laisser chanter le français" sur lequel on retrouve des chansons comme "les Lolas" ou "Elle est ma guerre, elle est ma femme". Une tournée est évidemment prévue qui l'emmène du Bataclan parisien à La Réunion, Madagascar et l'Ile Maurice, en passant bien sûr par la Suisse et la Belgique. En 94, il donne aussi un concert à Montréal au Québec.

Depuis de nombreuses années maintenant, Pierre Bachelet travaille avec le parolier Jean-Pierre Lang. Pourtant en 95, sort un nouvel album dont les textes sont de l'écrivain Yann Quéffelec (Goncourt 1985 - prix littéraire français), rencontré quelques temps auparavant. Sur le thème de la ville, ce sont 10 chansons qui figurent sur "la Ville ainsi soit-il". La pochette et le livret sont de Philippe Druillet, peintre et dessinateur de science fiction. Les tournées reprennent car la scène reste pour l'artiste le lieu privilégié du contact avec son public.

L'homme tranquille

Ce n'est qu'en 98 que le chanteur sort un nouvel album intitulé modestement "un Homme simple". On retrouve des textes de Jean-Pierre Lang mais aussi de Yann Quéffelec. Pierre Bachelet signe pour la première fois les paroles de deux chansons, "Au-delà des apparences" et "Tout ce qu'on se dit...". Un titre est consacré au grand navigateur Eric Tabarly disparu en mer en 98, "le Voilier noir". Pour la première fois depuis longtemps, Bachelet a laissé la réalisation de cet album à quelqu'un d'autre que lui-même : son guitariste Jean-François Oricelli et son fils Quentin Bachelet. En janvier 99, il retrouve la scène de l'Olympia à Paris après avoir signé la bande originale d'un film de Jean Becker "les Enfants du marais".

Deux ans plus tard, il sort un nouvel album plutôt intimiste intitulé "Une autre lumière". Malheureusement, il reste assez confidentiel. Il faut attendre deux autres années pour que le chanteur sorte un nouvel opus, "Bachelet chante Brel, tu ne nous quittes pas" alors que le vingt-cinquième anniversaire de la mort du créateur de "Orly" est célébrée à travers le monde francophone.

Loin des feux de la rampe parisiens, cet homme discret se sent à l'aise sur scène, proche des gens qui viennent l'écouter. Le courant passe et c'est ce qui lui semble essentiel. Le public lui reste fidèle malgré une carrière médiatique limitée.
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 08:05

Sacha Distel

Sacha Distel
Enfant de la balle, Sacha Distel grandit au beau temps du jazz des années cinquante, avant de devenir le chanteur de charme préféré de ces dames. Ce grand séducteur devient un des artistes français les plus connus à l'étranger. A soixante-dix ans passés, l'interprète du fameux Scoubidou revient à ses premières amours.

Né le 29 janvier 1933 à Paris, Sacha est le fils de Léo Distel, ingénieur, et d'Andrée, née Ventura, pianiste, ancienne lauréate du Conservatoire. Il est le neveu de Ray Ventura, qui connut la célébrité au music-hall dans l'entre-deux guerres, avec ses Collégiens. Considéré comme son fils par le créateur de Tout va très bien Madame la Marquise, le jeune Sacha grandit dans les coulisses du spectacle. Il suit des études classiques de piano, mais il est profondément marqué par le second conflit mondial qui le prive de la présence maternelle. Arrêtée par les Allemands en 1942, Andrée ne retrouve son fils qu'à la Libération.

Les premiers pas, de New York à Saint-Germain

Sacha a le swing dans la peau. En 1947, il prend ses premiers cours de guitare avec Henri Salvador, musicien de son oncle, qu'il avait la lourde tâche de le réveiller chaque matin pour le conduire au studio. Au lycée, il joue dans un orchestre de jazz et en 1948, il assiste au premier concert de Dizzy Gillespie à Paris. C'est la révélation. Les années cinquante arrivent et, dans le quartier Saint-Germain, un nouvel esprit libère la France des privations des années de guerre. Consacré meilleur guitariste amateur de jazz français en 1951, il devient deux ans plus tard numéro un dans sa catégorie, élu cette fois-ci par les revues professionnelles, un titre qu'il conservera pendant sept ans.

En 1952, grâce à son oncle, il fait un stage dans l'édition musicale à New York et fréquente les boîtes de jazz de Manhattan. De retour en France, il devient l'accompagnateur de Juliette Gréco et l'éditeur musical de Georges Brassens. En 1955, il enregistre avec Lionel Hampton l'album French New Sound et apparaît sur le disque culte du Modern Jazz Quartet, Afternoon in Paris, en 1956.

Un guitariste qui voulait chanter

À cette époque, sa rencontre avec Brigitte Bardot et leur liaison amoureuse propulse Sacha Distel à la une de tous les journaux. Pourtant, il n'est pas encore parvenu à réaliser son rêve, celui de chanter, à l'instar de son modèle Frank Sinatra. En 1958, alors qu'il joue en trio des morceaux de jazz au Casino d'Alger, il franchit le pas et interprète pour la première fois son Scoubidou. Ce titre devient aussitôt l'hymne de la jeunesse en France et donne même son nom à un porte-bonheur en plastique tressé que fabriquent les écoliers d'alors. La même année, il est l'invité du Ed Sullivan Show aux Etats-Unis. Le petit prodige jazzman se retrouve propulsé chanteur de charme. En 1959, il crée d'autres succès populaires qui font de lui une vedette à part entière : Oh quelle nuit, Personnalités, Mon beau chapeau. Son physique de jeune premier intéresse la télévision à la recherche de programmes musicaux populaires. C'est ainsi que l'émission Guitares et copains, créée au début des années soixante, va vite devenir le célèbre Sacha Show où toutes les vedettes de l'époque se précipitent pour une audience assurée. De nombreux talents se révèleront dans cette émission entre 1962 et 1972. Côté cour, en 1963, Sacha épouse Francine Bréaud, championne de ski alpin, avec qui il aura deux garçons. Une chanson figurant en face B d'un 45 tours de 1964, La belle vie, va connaître un succès international. Repris par Tony Benett et Frank Sinatra sous le titre The good life, ce titre devient vite un standard dont un compte plus de 250 versions aujourd'hui dans le monde. Scandale dans la famille, Monsieur Cannibale, L'incendie à Rio, Chanson bleue viennent compléter la liste des chansons populaires récompensées par des disques d'or les années suivantes, mais bientôt sa carrière s'ouvre à de nouveaux horizons.

Le plus anglo-saxon des chanteurs français

Grâce à Raindrops keep fallin' on my head, Sacha Distel s'installe en tête des meilleures ventes en Grande-Bretagne, en 1971. Avec cette chanson qui deviendra Toute la pluie tombe sur moi en français, il passe en tête d'affiche au London Palladium et au Prince of Wales Theater. Sa popularité est telle qu'il devient à trois reprises la vedette de la Royal Performance devant Elizabeth II. Durant ces années soixante-dix, il passe beaucoup plus de temps à l'étranger qu'en France. Familier des plateaux de télévision, il anime aussi des émissions de variétés outre-manche, définitivement adopté par les sujets de la Reine. Il est le chanteur de charme français par excellence. D'autres voyages le conduisent régulièrement aux Etats-Unis où il se produit sur les scènes de New York ou d'Atlantic City. Au cours de la décennie, d'autres succès enrichissent son répertoire français: Accroche un ruban, Ma première guitare, Ma femme, Le bateau blanc, Vite chérie vite, ou encore l'adaptation d'un tube de Stevie Wonder, chanté en duo avec son amie Brigitte Bardot, Le soleil de ma vie.

Sur les traces des anciens

Après quelques années où il est moins présent sur les scènes françaises, ce grand admirateur de Django Reinhardt réapparaît en 1983 avec l'album Ma guitare and all that jazz. Même s'il semble passé de mode, Sacha Distel garde son pouvoir de séduction et la télévision française le réclame à nouveau pour animer La belle vie en 1985.

En 1991, il signe Dédicaces, un album regroupant les plus belles chansons d'amour françaises. Il réalise un de ses vieux rêves en 1993, avec la formation d'un orchestre pour rendre hommage à son oncle. Avec ses Super-Collégiens, Sacha enregistre les plus grands succès de Ray Ventura, avec la participation d'Henri Salvador, Michel Legrand ou Stéphane Grappelli.

Sacha Distel a un regret, celui de ne pas avoir réussi à monter son projet de comédie musicale autour de Maurice Chevalier, malgré de nombreuses tentatives ces vingt dernières années. Toutefois, depuis le triomphe remporté sur les scènes londoniennes en 2001 où il interprétait l'avocat Billy Flynn dans la comédie musicale Chicago, il se met à rêver d'un futur financement possible.

En avril 2003, Sacha Distel fait un retour inattendu et réussi avec le double album En vers et contre vous. Le premier CD réunit des classiques du music-hall américain, tels My funny Valentine, What a wonderful world ou All the way, interprété en duo avec Liza Minnelli. Sur le second, Sacha Distel revient avec de nouvelles compositions et une nouvelle équipe d'auteurs, qui lui permettent de recevoir en novembre 2003 le prix créateur-interprète de la chanson française décerné par la SACEM.
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 08:02

Claude Francois (Cloclo)

Claude Francois (Cloclo)
Disparu subitement le 11 mars 78, Claude François est toujours aussi populaire. On se souvient de ses smokings avec strass et paillettes, de ses brushings impeccables, de ses chorégraphies sautillantes, des Clodettes évidemment et d'"Alexandrie Alexandra" bien sûr, chanson sur laquelle on danse encore, symbole kitsch d'une époque révolue.

Claude François naît le 1er février 1939 à Ismaïla en Egypte. Son père, Aimé, est contrôleur de la circulation maritime sur le canal de Suez. Il est muté sur les bord de la mer Rouge en 1951 et s'installe donc avec sa femme Lucie d'origine italienne, sa fille Josette et son jeune fils Claude à Port Taoufik. Cette famille va vivre tranquillement jusqu'en 1956, date de la nationalisation du canal de Suez par le président égyptien Nasser. Obligée de partir, la famille vit le retour vers la France comme un brutal déracinement. Elle s'installe à Monte-Carlo dans un appartement modeste. Mais Aimé tombe malade et se voit dans l'incapacité de travailler. Petit à petit, son fils prend la place du chef de famille.
Après un vague séjour derrière le comptoir d'une banque comme employé, Claude François se prend à rêver de réussite. Aidé par un tempérament entreprenant, il commence à rechercher quelques cachets dans les orchestres des grands hôtels monégasques. Très tôt, ses parents lui ont fait donner des cours de violon et de piano. Par lui-même, il s'intéresse aussi à l'univers des percussions. C'est d'ailleurs la rythmique qui lui donnera en premier lieu, la possibilité de s'exprimer.

Premiers pas artistiques

C'est ainsi qu'en 57, il est engagé dans l'orchestre de Louis Frozio qui se produit à l'International Sporting Club. Son père voit d'un très mauvais oil l'entrée de Claude dans le monde artistique et à dater de ce jour, la brouille entre les deux hommes est installée, à jamais.

Déterminé, Claude malgré un maigre salaire persiste dans cette voie. Le directeur ne veut pas le laisser chanter et bien tant pis, il va voir ailleurs et plus précisément à l'Hôtel Provençal de Juan-les-Pins. Un peu plus sûr de lui, il commence à se faire connaître dans les boîtes de nuit de la région. Un jour de 1959, il rencontre celle qui deviendra un an plus tard sa femme, une danseuse anglaise du nom de Janet Woolcoot.

Ambitieux et décidé à réussir sa vie, Claude François décide de monter à Paris. Fin 61, il part avec femme, famille et bagages s'installer dans la capitale.

Le début des années 60 est une époque de grands bouleversements pour la variété française. Commence l'ère de "Salut les Copains", émission de radio célèbre, des reprises en français de grands tubes américains, du twist et autres yé-yé.

Claude François se fait engager dans la formation d'Olivier Despax, les Gamblers. Mais la situation rester précaire. Les cachets ne sont pas très importants et surtout, il veut toujours autant réussir. Il sort bientôt un 45 tours chez Fontana intitulé "le Nabout twist" (sorte de twist oriental) sous le nom de Koko. Ce premier disque est un échec.

La roue tourne enfin

Aimé François s'éteint en mars 1962 et n'entend pas quelques mois après, le premier grand succès de son fils, "Belles Belles Belles", adaptation en français d'une chanson des Everly Brothers.

Lancé par l'émission "Salut les Copains", Claude François démarre alors une véritable carrière de chanteur. Pris en main par un jeune impresario, Paul Lederman (futur agent de Coluche ou de Thierry Le Luron), voilà Claude François qui commence à marcher sur les plates-bandes de ses collègues. Il part en tournée en 1963 en première partie des Chaussettes Noires et peu à peu, ce jeune homme hyper-énergique s'impose sur scène jusqu'à leur ravir la vedette. Plusieurs titres vont se hisser durant cette année-là en haut des hit-parades dont "Marche tout droit" ou "Dis-lui". Le nombre d'admiratrices est en augmentation constante : son look de jeune homme de bonne famille, ses cheveux blonds laqués et ses paroles aseptisées sont autant d'atouts pour séduire un public féminin. En octobre, sort un autre tube, "Si j'avais un marteau", adaptation de "If I had a hammer" de Trini Lopez.

Installation à la campagne

Claude François travaille beaucoup et enchaîne les chansons adaptées de l'anglais, sans que pour autant celles-ci laissent un souvenir impérissable (la "Petite mèche de cheveux" ou "Je veux tenir ta main"). Quoiqu'il en soit, le succès est enfin là et le chanteur gagne de plus en plus d'argent. En 1964, il s'offre un ancien moulin à la campagne, à Dannemois, en Ile-de-France. Quelques semaines plus tard, on l'entend chanter "la Ferme du bonheur". C'est aussi l'année de sa première tournée en vedette avec les Gams, groupe yé-yé par excellence, les Lionceaux et Jacques Monty. Ce n'est pas toujours de tout repos car le chanteur se montre maniaque, voire intransigeant et désagréable avec ses collaborateurs. En septembre de la même année, il se produit pour la première fois à l'Olympia à Paris. Dans ce récital, Claude François chante un "J'y pense et puis j'oublie" assez nostalgique qui fait référence à la séparation avec sa femme, Janet.

En 1965, le jeune homme enregistre environ une quinzaine de titres de "les Choses de la maison" à "Même si tu revenais". Il fait un Musicorama, émission de radio enregistrée en direct à l'Olympia à Paris, en octobre. C'est un triomphe. Il poursuit en enregistrant et en tournant pour la télévision une version de Cendrillon. L'année 66 est marquée par la création des Clodettes, équipe de quatre danseuses qui font office de faire-valoir. La tournée d'été n'en est que plus délirante, ponctuée par les scènes d'hystérie collective des admiratrices. En fin d'année, il monte à nouveau sur la scène de l'Olympia pour y triompher une fois de plus.

Comme d'habitude

Après une courte idylle avec France Gall, il rencontre Isabelle qui devient bientôt la mère de ses deux fils. Nous sommes en 67 et cette année semble décisive. En effet, Claude François est en fin de contrat chez Philips et envisage de créer sa propre entreprise. C'est chose faite avec les Disques Flèche. Il devient artistiquement indépendant et seul maître à bord. Un véritable homme d'affaire, patron également de son propre fan club ! Le nouveau label est inauguré en 1968 avec le titre "Jacques a dit". Il continue avec une adaptation des Bee Gees, "la Plus belle des choses". Mais sur ce même disque figure une chanson qui va devenir un tube mondial. Ecrit en collaboration avec Jacques Revaux pour la musique et Gilles Thibault pour le texte, "Comme d'habitude" est en fait le symbole de la rupture du chanteur avec France Gall. Adaptée en anglais par Paul Anka, "My way" sera chantée par les plus grands de Sinatra à Elvis Presley.

En juillet de la même année, Isabelle donne naissance à Claude Junior, vite surnommé Coco. Mais Claude François ne fait pas étalage de sa vie privée, il veut conserver ses fans et ne pas les décevoir. Il continue donc ses tournées, une en Italie et une autre en Afrique, du Tchad au Gabon, en passant par la Côte d'Ivoire.

Hormis la naissance de son fils Marc, l'année 1969 ressemble aux précédentes. Il faut noter tout de même que son passage à l'Olympia durant 16 jours à guichets fermés est à nouveau un triomphe. Le spectacle ressemble à un véritable show à l'américaine : quatre danseuses, huit musiciens et le grand orchestre de l'Olympia. Il enchaîne l'année suivante avec une tournée au Canada. Mais c'est à Marseille que pour la première fois, il va craquer alors qu'il est en scène. Le surmenage est sans doute à l'origine de ce malaise. Il part aux Canaries se reposer. A peine rentré, il est victime d'un accident de voiture. A peine remis (de son nez brisé et de son visage tuméfié), Claude François, l'infatigable, repart en tournée avec Dani et C.Jérôme.

A la fin de l'année, il rachète Podium, un magazine pour les jeunes qui bientôt supplante ses rivaux, dont le fameux Salut les Copains. En 1972, en véritable connaisseur de musique noire-américaine, il part enregistrer le titre "C'est la même chanson" aux Etats-Unis, à Detroit, dans les studios de la Tamla Motown. Mais ses activités sont maintenant diversifiées. Il fait aussi de la production et avec les disques Flèches et s'occupe d'artistes tels Patrick Topaloff et Alain Chamfort.

Petits pas et moulinets

Toujours à la recherche de nouveaux talents, il recrute un jeune compositeur suisse, Patrick Juvet, pour écrire "le Lundi au soleil",succès de l'année 72 sur lequel on voit Claude François et les Clodettes exécuter une chorégraphie à base de petits pas sautillants et de moulinets des bras. Cette chorégraphie devient un des symboles du chanteur.

D'autre part, il choisit de ne pas faire l'Olympia et part en tournée autour de Paris avec un chapiteau de 4.000 places. A la fin de l'année, il subit un contrôle fiscal et se voit obliger de payer 2 millions de francs à l'Etat. En 1973, il interprète "Je viens dîner ce soir", "Chanson populaire" et surtout "Ça s'en va et ça revient", titres qui deviennent à leur tour de véritables tubes. Pourtant, le sort semble s'acharner sur le chanteur. En juin 73, le moulin de Dannemois est ravagé par un incendie.

L'année suivante se passe un peu mieux. "le Mal-Aimé" fait un malheur, suivi rapidement par le méga-tube, "le Téléphone pleure", vendu à deux millions d'exemplaires. Les affaires reprennent et Claude François investit cette fois dans une agence de mannequins, Girls Models. On connaît l'attirance du chanteur pour les jeunes filles qui l'avait pousser l'année précédente à racheter un magazine de charme, Absolu. Il s'était même pour l'occasion transformé en photographe !

Poursuivant sa carrière avec frénésie, Claude François enchaîne les succès même si au milieu de ces années 70, cela ne marche pas autant qu'il le voudrait. Ses concerts attirent de toute façon un nombre toujours impressionnant de spectateurs, sûrs du show délirant auquel ils vont assister. C'est ainsi que le 1er juillet 74, il rassemble quelques 20.000 personnes à la Porte de Pantin à Paris pour "Perce-Neige", fondation d'aide aux enfants handicapés présidé par un de ses amis, Lino Ventura. L'année suivante, le journaliste Yves Mourousi organise un concert de Claude François au profit de la recherche médicale, devant un public très nombreux rassemblé aux Tuileries à Paris. Cela sera d'ailleurs le dernier concert du chanteur dans la capitale.

Entre enregistrements de nouveaux disques, souvent dans une atmosphère tendue due à la maniaquerie de l'artiste, les tournées comme celles qu'il effectue aux Antilles en avril 76 ou en Afrique à la fin de l'année, ses love-story avec la Finlandaise Sofia ou l'Américaine Kathaleen (sa dernière compagne), ses shows télévisés, ses voyages incessants, Claude François vit à cent à l'heure. Et parfois cela ressemble aussi à un cauchemar : il est victime en 1975 de l'explosion d'une bombe de l'IRA (Armée révolutionnaire irlandaise) à Londres. Il s'en tire avec un tympan crevé. En 77, il se fait tirer dessus alors qu'il conduit sa voiture. Sans dommage.

Dernier round

S'il a répété pendant des années qu'il lui faut chanter toujours le même genre de chansons pour satisfaire son public, Claude François sait de toute façon s'adapter aux modes dans la mesure où elles peuvent correspondre à son personnage. En 77, la musique disco est à son apogée. Ilsurfe donc sur la vagueen 1978avec "Alexandrie Alexandra", écrit par Etienne Roda-Gil, l'auteur attitré de Julien Clerc.

Le 11 mars 1978, la France entière apprend que Claude François est mort électrocuté à son domicile parisien. La disparition subite de l'idole plonge ses fans et le public en général dans un état de profond chagrin qui vire parfois à l'hystérie. Le chanteur entre alors dans la légende. Le jour de ses obsèques, le 15 mars, sort le 45 tours "Magnolias for ever".

Poussé par une ravageuse envie de réussir malgré un physique et une voix que lui-même dénigrait, Claude François parvint à se maintenir au sommet de son art pendant presque vingt ans. Son esprit entreprenant ainsi que son flair indéniable furent les moteurs de cette carrière extraordinaire qui fit de lui le détenteur du label "Chanson populaire". Il demeure un symbole : celui de la France giscardienne, celle des années 70, de la télévision pailletée, des mythiques émissions de variétés de Maritie et Gilbert Carpentier. Personnalité ambiguë, certainement très méconnue encore, pas toujour saussi brillante que ses costumes satinés, Claude François est aujourd'hui une icône.

Le 11 mars 2000, 22 ans jour pour jour après sa disparition, une place Claude-François est inaugurée en fanfare au pied de son ancien domicile parisien. Le 11 mars 2003, ce nouvel anniversaire est largement célébré par ses admirateurs qui ne perdent pas une occasion de cultiver son souvenir, parfois jusqu'au ridicule. Une mèche des cheveux du chanteur pouvant se céder à 15.000 francs (2500 euros). Du côté marketing, Claude François est aussi toujours une valeur sûre. Ses tubes rapportent toujours beaucoup d'argent : depuis les années 90 et le revival autour des années 70,plus de 250.000 disques et compilations de Claude François se sont écoulées. Son fils Claude François Junior a rouvert en 1993 les Disques Flèches, non pas pour produire des disques, mais pour gérer le patrimoine et l'image du chanteur.

Réalisé à l'occasion du 25ème anniversaire de la mort de l'artiste, un sondage donne "Belles, belles, belles" comme la chanson préférée des Français, devant "Comme d'habitude" et "Alexandrie Alexandra".
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 08:00

Jacques Brel

Jacques Brel
Le "galérien des galas" abandonne sa carrière au sommet de sa gloire en 1966. Le Grand Jacques enflammait les salles, habitait ses personnages, gesticulait, suait. Ses spectacles étaient de véritables marathons. Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel.

C'est en Belgique, dans la banlieue de Bruxelles à Schaerbeek, que naît le 8 avril 1929, la personnalité la plus volcanique de la chanson francophone, Jacques Romain Georges Brel. Son père, Romain, dirige une usine d'emballage. Avec son frère, Pierre, de 6 ans son aîné, Jacques connaît une éducation austère entre collège catholique et scoutisme. A 16 ans, il crée une troupe de théâtre avec quelques copains et écrit lui-même des pièces.

A 18 ans, devant ses échecs scolaires, son père le fait entrer dans l'entreprise familiale. A la même époque, il s'inscrit à "La Franche Cordée", mouvement philanthropique, dont il deviendra le président en 49. Au sein de cette association, il monte de nombreuses pièces de théâtre dont "Le Petit Prince de Saint-Exupéry". Il y rencontre également, sa future épouse, Thérèse Michielsen, dite Miche.

En 1948, il devance l'appel et fait son service militaire. Le 1er juin 1950, Jacques Brel épouse Miche, et fin 1951, naît leur première fille, Chantal. Brel, qui n'a aucun goût pour le travail de bureau, est déjà très attiré par la chanson. Dès 1952, il compose quelques titres qu'il chante dans le cadre familial ou lors de soirées dans des cabarets de Bruxelles mais la force des textes et la violence de son interprétation sont mal acceptées par son entourage qui ne l'encourage pas du tout.

En 1953, il chante à la Rose Noire à Bruxelles et en février, sort un 78 tours. Jacques Canetti, responsable artistique chez Philips et découvreur de talents, le fait alors venir à Paris contre l'avis de sa famille qui lui coupe les vivres. En juillet, naît sa deuxième fille, France, mais Jacques Brel part cependant seul à Paris. Les premiers temps sont durs. Il passe de nombreuses auditions, et décroche quelques engagements dans des cabarets tels que l'Ecluse, l'Echelle de Jacob ou les Trois Baudets, le cabaret de Jacques Canetti. L'accueil du public reste tiède. On se moque de ses allures provinciales.

En 1954, il arrive avant dernier (sur 28) au Grand Prix de la Chanson de Knokke-le-Zoute. Malgré ce résultat, Juliette Gréco décide de chanter une de ses chansons pour son Olympia, "Ça va (le diable)".

Cette même année, en juillet, Brel chante lui-même à l'Olympia, mais sans aucun succès. Ce récital est suivi d'une tournée d'été avec Dario Moreno, Philippe Clay et Catherine Sauvage.

En 1955, il s'installe avec femme et enfants à Montreuil, dans la banlieue parisienne. A cette époque, il rencontre Georges Pasquier, dit Jojo, qui non seulement devient son chauffeur, régisseur et homme de confiance, mais aussi son ami le plus proche.

[%b%][%i%]Premier album[%i%][%b%]

1955 est également l'année de son premier 33 tours 25cm sous le label Philips enregistré en France. Cette année-là, Brel chante pour des organisations chrétiennes ce qui lui vaut de la part de celui qui restera son ami, Georges Brassens, le surnom de "Abbé Brel".

C'est en 1956 que Jacques Brel rencontre François Rauber, pianiste classique, qui devient son accompagnateur. François Rauber, qui comprend très bien l'univers de Brel, va donner au chanteur la formation musicale qu'il n'a pas, puis devenir l'orchestrateur privilégié de toutes ses chansons.

Puis, Jacques Brel rencontre également un autre pianiste, Gérard Jouannest, qui sera son accompagnateur exclusif sur scène, contrairement à François Rauber avec qui il travaillera plutôt en studio. En outre, Brel et Gérard Jouannest écriront ensemble une grande partie du répertoire du chanteur ("Madeleine","La chanson des vieux amants","Les vieux").

En 1957, Brel sort un second 33 tours où il crée en particulier "Quand on a que l'amour" et reçoit pour ce disque le Grand Prix de l'Académie Charles Cros. En février, il passe à l'Alhambra avec Zizi Jeanmaire.

Le 23 août 1958, naît sa troisième fille, Isabelle.

Fin 1958, Jacques Brel monte à nouveau sur la scène de l'Olympia en première partie de Philippe Clay. Le public plébiscite celui qu'il reconnaît enfin comme un véritable homme de scène.

[%b%][%i%]La valse a mille temps[%i%][%b%]

En 1959, Brel sort un 4ème disque, "La valse à 1000 temps". Les tournées se succèdent à un rythme infernal, et le succès grandissant, il est engagé à la fin de l'année en tête d'affiche à Bobino en remplacement de Francis Lemarque. Le triomphe est au rendez-vous et les années 50 se terminent brillamment pour le chanteur belge. Après avoir longuement travaillé son chant et sa voix, Brel a laissé tomber sa guitare et chante désormais en maîtrisant totalement son art ainsi que sa forte personnalité.

En ce début d'année 1960, Charley Marouani devient l'impresario de Brel et organise pour lui d'innombrables récitals de l'URSS aux Etats-Unis en passant par le Moyen-Orient et la province française qu'il sillonne de part en part. Il mène alors une vie épuisante entre tournées, nuits blanches, conquêtes féminines, alcool, sans oublier le tabac.

A son accompagnement de scène, il ajoute cette fois l'accordéon de Jean Corti. Il remonte sur la scène de Bobino en janvier 61, et sort deux albums durant l'année.

Mais, c'est surtout son récital d'octobre 61 à l'Olympia qui reste un moment clé de toute sa carrière. Le 12 octobre, il remporte un triomphe sur la scène du music-hall parisien. Engagé pour remplacer Marlène Dietrich, il est consacré vedette de la chanson par le public mais également par la critique.

Suite à ce succès, Jacques Brel reprend les tournées à travers le monde et son rythme de vie ne cesse de s'accélérer. Cependant, dès cette époque, Jacques Brel évoque déjà l'idée d'arrêter la chanson.

[%b%][%i%]Le plat pays[%i%][%b%]

En mars 1962, Brel quitte la maison de disques Philips pour Barclay. Le 6 de ce mois, il enregistre un de ces titres les plus célèbres, "Le plat pays", hommage à son pays natal.

En octobre, il crée sa maison d'éditions musicales "Arlequin", qui deviendra six mois plus tard, les éditions "Pouchenel" (Polichinelle en bruxellois). Son épouse en est la directrice.

Brel remonte sur la scène de l'Olympia en 1963, avec Isabelle Aubret en première partie. Quand cette dernière est victime d'un grave accident quelques temps après, il lui offre à vie les droits de la chanson "la Fanette".

En janvier 64, meurt le père de Jacques Brel, puis sa mère en mars. Deux albums sortent dans l'année, dont son récital d'octobre à l'Olympia, récital encore salué par la critique. C'est à cette occasion qu'il crée "Amsterdam", que le public ovationne.

Cette année-là, Brel s'initie à l'aviation, passion qui lui sera très utile quand il vivra aux Marquises. Il s'achète un petit avion.

Enfin, en 1964, il obtient le Grand Prix national du Disque en France. Début 1965, Brel fête ses 12 ans de chansons au cabaret "Les Trois Baudets". La fin de l'année est marquée par une tournée de cinq semaines en URSS, mais surtout par son passage sur la prestigieuse scène du Carnegie Hall de New York. La presse américaine parle d'"Ouragan magnétique".

Il est important de noter que dans la plupart de ses récitals, des plus petites salles aux plus grandes, Brel tient à faire profiter les jeunes chanteurs de sa notoriété afin de leur donner l'occasion de chanter sur scène.

[%b%][%i%]Brel abandonne la chanson![%i%][%b%]

1966 est une année importante, puisque Brel décide définitivement d'abandonner la chanson. Il décrète qu'il n'a plus rien à dire et se sent las des tournées sans fin. Il a beaucoup de projets qu'il n'a pas le temps de réaliser.

Son récital à l'Olympia en octobre est donc un événement sans précédent. Georges Brassens écrit l'introduction du programme, et le Tout-Paris est présent le 1er novembre lors de son tout dernier concert après trois semaines sur scène. Après quinze chansons, Brel, comme à son habitude ne cède pas aux demandes de rappel, mais revient saluer le public sept fois de suite.

En novembre, il chante au Royal Albert Hall de Londres et durant les mois suivants, il se contentera d'honorer ses derniers contrats. Son entourage et ses amis, dont Charles Aznavour, essaient en vain de le convaincre de continuer à chanter.

Début 67, Jacques Brel chante pour la seconde et la dernière fois au Carnegie Hall. C'est lors de ce voyage à New York, qu'il assiste à une représentation de "L'Homme de la Mancha", spectacle musical consacré au héros de Cervantes, Don Quichotte. Brel est subjugué et très vite, il songe à monter cette comédie musicale en Europe. Cette année-là, Jacques Brel lui-même devient l'objet d'une comédie musicale aux Etats-Unis, "Jacques Brel is alive and well and living in Paris". Mort Shuman l'interprétera l'année suivante à Broadway.

Le 16 mai, Brel donne son dernier récital en France à Roubaix. Cette fois, il quitte vraiment la scène des music-halls pour la scène des théâtres et pour les plateaux de cinéma. Durant l'été 67, il tourne le film d'André Cayatte, "Les Risques du métier", film qui sort à l'automne sur les écrans français. Son talent de comédien, qui apparaissait déjà sur scène, est reconnu par tous. Enfin, en 67, Brel achète un voilier avec un ami. Le virus du voyage commence à naître dans son esprit.

1968 est l'année de "L'Homme de la Mancha" qu'il crée en octobre à Bruxelles avec Dario Moreno dans le rôle de Sancho Panca. Dix jours avant la Première, à Paris le 10 décembre au Théâtre Royal de la Monnaie, Dario Moreno meurt et est remplacé au pied levé par Robert Manuel. La performance d'acteur de Brel est unanimement célébrée.

Cependant, en 1969, Jacques Brel, épuisé par plus de 150 représentations menées à un rythme battant, abandonne le rôle. La dernière a lieu le 17 mai et personne ne reprend le rôle.

Le 6 janvier 1969, la station de radio RTL et le magazine "Rock et Folk" réunissent pour un entretien exceptionnel autour d'une table, trois artistes majeurs de la chanson française, Léo Ferré, Georges Brassens et Jacques Brel.

A la fin de l'été, Brel tourne "Mon oncle Benjamin" de Edouard Molinaro. Juste après ce tournage, il s'inscrit dans une école d'aviation en Suisse et achète un nouvel avion.

En 1971, Jacques Brel tourne avec Marcel Carné, "Les Assassins de l'ordre" et commence à travailler sur son premier film, "Franz" en tant que réalisateur. Le tournage a lieu entre juin et juillet 1971 avec la chanteuse Barbara qui écrit une partie de la musique.

A la fin de l'année, Jacques Brel tourne "L'Aventure c'est l'aventure" de Claude Lelouch. Sur le tournage aux Caraïbes, il rencontre la jeune comédienne et danseuse, Madly Bamy, avec qui il partagera les dernières années de sa vie.

Son film, qui sort à Paris en mars 1972, obtient un succès d'estime. Brel est cependant très motivé pour continuer. En mai, sort le film de Claude Lelouch qui lui, est un très gros succès.

En 1972, Brel signe un contrat exceptionnel de 30 ans avec Barclay, mais n'ayant guère de nouveaux titres à proposer, il décide avec la maison de disques de réenregistrer d'anciens titres avec de nouvelles orchestrations. Son arrangeur attitré, François Rauber, n'est pas convaincu de l'intérêt du projet qui reste une initiative commerciale avant tout.

En juin et juillet 72, Brel tourne à Bruxelles son deuxième film, "Le FarWest". Le film qui sort pour le festival de Cannes 1973 est un échec total. Au début de l'année 73, Brel, qui se sait malade, rédige son testament, et désigne sa femme, Miche, légataire universelle.

Il sort, cette année-là, un 45 tours : "L'enfance" dont il cède à vie les droits d'auteur à la Fondation Perce Neige de Lino Ventura, fondation au profit de l'enfance handicapée.

En mai, il tourne "L'emmerdeur" de Edouard Molinaro avec son ami, le comédien Lino Ventura. Durant l'été, il emmène ses filles en croisière sur son voilier et à la fin de l'année, il se lance dans une traversée de deux mois avec cinq compagnons.

Il se consacre désormais presque exclusivement à la voile et en juillet 1974, Jacques Brel part avec Madly et sa fille France sur son voilier l'Askoy. Fin août, aux Açores, Brel apprend la mort de son fidèle ami, Jojo. Il rentre pour les obsèques, et reste pour le mariage de sa fille Chantal en septembre. En novembre, Jacques Brel est opéré du poumon à Bruxelles. Il souffre d'un cancer du poumon gauche déjà très avancé. Il sait qu'il n'a peut-être pas beaucoup de temps à vivre et déclare vouloir mourir seul.

[%b%][%i%]Derniers jours aux Marquises[%i%][%b%]

En 1975, Jacques et Madly s'installent aux Iles Marquises, précisément sur l'île de Hiva-Oa. Commence alors une vie nouvelle. Brel achète un nouvel avion qu'il appelle "Jojo", et qu'il transforme en avion-taxi pour aider les habitant des îles environnantes.

En 1976, il va deux fois à Bruxelles pour des examens médicaux, mais retourne chaque fois aux Marquises bien que le climat ne lui soit pas favorable.

En 1977, Jacques Brel décide d'enregistrer un disque. Ses anciens titres se vendent toujours très bien et bien que vivant à des milliers de kilomètres de l'Europe, il est toujours très présent dans l'esprit du public. Il rentre à Paris fin août et habite dans un petit hôtel parisien. Il a arrêté de fumer et se remet au travail avec ses fidèles complices, François Rauber et Gérard Jouannest. Sa santé est mauvaise, mais Brel est très enthousiaste, et sur les dix-sept titres qu'il a écrits aux Marquises, il en interprète douze. L'enregistrement a lieu entre septembre et octobre 1977. Le 17 novembre, la sortie de l'album est un événement national. Brel a demandé à sa maison de disques qu'il n'y ait aucune promotion, mais les pré-commandes du disque atteignent le million sans aucune publicité. Le jour même, Jacques Brel et sa compagne Madly repartent pour Hiva-Oa.

En juillet 1978, Brel soudain au plus mal est transporté en France et est hospitalisé six semaines à Neuilly suite à la découverte d'une tumeur cancéreuse. Il finit l'été dans le sud de la France, mais le 7 octobre, il est ramené d'urgence à l'hôpital de Bobigny, dans la région parisienne. Il meurt le 9 octobre d'une embolie pulmonaire.

Pendant que d'innombrables hommages lui sont rendus en France, en Belgique et à travers le monde, son corps est ramené aux Marquises le 12 octobre. Il est enterré sur son île d'Hiva-Oa près de la tombe du peintre Gauguin.

Rarement un chanteur aura exprimé ses rages et ses passions avec autant de sincérité et de gravité que Jacques Brel. Exubérant mais pudique, Brel a forcé l'affection d'un public pourtant longtemps sévère à son égard.

Des artistes du monde entier reprennent encore ses chansons. Outre des interprètes français qu'il l'ont beaucoup chanté comme Serge Lama ou Isabelle Aubret, on retrouve ses chansons dans les répertoires de Juliette Gréco, Julien Clerc, Yves Montand, Dalida, et à l'étranger, de Nina Simone ou Sting ("Ne me quitte pas"), David Bowie ("Amsterdam"), Céline Dion ("Quand on a que l'amour"), sans oublier le belge Arno ("Le Bon Dieu"). Son répertoire en flamand a surtout été chanté par la néerlandaise, Liebeth List.

En 1981, sa fille France crée la Fondation Jacques Brel destinée d'une part à faire connaître à un large public l'oeuvre de l'artiste, mais aussi à soutenir la recherche contre le cancer et l'aide à l'enfance hospitalisée.
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 07:58

Romy Schneider

Romy Schneider
Actrice autrichienne que j'admire énormément mais hélas qu'elle est morte trop tôt...

Née le 23 Septembre 1938 à Vienne, Autriche
Morte le 29 Mai 1982 à Paris, France

Voir sur site est : http://ibelgique.ifrance.com/cinedestin/actrices/schneider.htm
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# Posté le lundi 17 décembre 2007 07:57